Mood

/ Le 3 mars 2019

L’échec vertueux, ou l’éloge des moments tempétueux qui façonnent nos futurs succès

Marie
Auteur
Marie

A l’heure de tous les possibles, des success stories qui font rêver les petits et les grands, des influenceurs qui changent le monde avec un simple smartphone, des Steeve Jobs qui « bidouillent » dans leur garage pour conquérir le monde, des slips franco-français aux Google californiens en passant par les Top Chef, toujours plus Top, avec encore plus de Chefs, la société dessine pour nous le visage du succès, nous donne une définition du bonheur et nous cantonne à une vision de notre épanouissement. Le tout appuyé, surligné, diffusé et ancré dans nos vies personnelles et professionnelles.

Aucune de ces histoires n’a démarré « simplement » ou « sans risque » car si la vie était un long fleuve tranquille cela se saurait ! La question que je me pose est : Pourquoi faut-il attendre que les success stories soient successfull pour que l’on décide d’en faire des films, des livres, des interviews, des articles sur l’envers du décor en le dévoilant au grand jour ? Je crois que la réponse est finalement relativement simple : La société nous invite (depuis tout petit) à ne communiquer (survaloriser parfois) nos succès qui nous donnent l’air d’être cool, indestructibles, et qui nous donnent le droit de briller aux yeux des autres (souvenez vous de l’histoire incroyable (fausse et/ou sur jouée) que vous avez un jour raconté à la récré pour épater vos amis, ou tout simplement pour exister ! Oui, oui, on l’a tous fait !)

Avant toute chose, quelle est la définition du succès ? Paris ne s’est pas fait en un jour, nos vies et nos carrières non plus. Dans mon métier de recruteur, j’ai l’habitude de dire que nous ne sommes pas les mêmes qu’hier, et pas non plus les mêmes que demain (heureusement d’ailleurs), nous évoluons, nous nous trompons, avançons, reculons, notre cerveau nous dicte toute une série de choix qui auront une influence sur le coup d’après en tenant compte de son « expérience », et ainsi de suite.

Le succès doit dépendre des objectifs que l’on se fixe (en temps, en moyen, en résultats quanti comme quali). Ne pas y arriver du premier coup ne signifie pas que nous avons échoué, le simple fait d’avoir tenté nous rapproche de l’atteinte de cet objectif. Ce « moment difficile » est en soi un processus d’apprentissage qui nous invite à recommencer encore et encore. Pour nous rassurer – je ne vais rien vous apprendre – mais le Dictionnaire est le seul endroit ou le succès arrive avant le travail !

Peut-être faudra-t-il réviser les échéances, les moyens, mais la vraie clé du succès est en réalité de ne jamais perdre de vue cet objectif quelle qu’en soit la difficulté. C’est d’ailleurs un succès en soit de ne jamais baisser les bras. Adaptons donc notre perception du succès en allant au-delà des standards que la société nous donne comme baromètre.

Pour cela, il faut trouver autant de plaisir dans le fait d’arriver au bout d’une to-do-list que l’on pensait inachevable, le tout avec une motivation proche de zéro, que dans le fait d’avoir réussi à doubler son chiffre d’affaire en un an. Valorisez vos petites réussites, elles seront votre moteur quotidien pour en achever de plus grandes.

Un succès dépend aussi du contexte : marcher peut paraître si simple, après tout on le fait tous les jours, mécaniquement, mais cela devient tellement difficile quand l’appréhension nous gagne de reposer le pied par terre pour la première fois après une fracture. Pourquoi passe-t-on son temps à ne valoriser que l’objectif final sans tenir compte de tous les facteurs qui nous ont permis de l’atteindre ? Cette somme de petits riens qui nous amène vers le grand bond !

Il est donc grand temps, de se concentrer sur tous les pointillés qui vont nous permettre de valoriser les grandes lignes de nos succès ! Il est grand temps d’assumer en disant « je ne sais pas », « j’ai peur », « comment faut-il faire ? », « je suis perdu(e) », « c’est dur », « j’ai tout essayé », « j’ai échoué » et de transformer les « en ce moment je ne pose plein de questions » en « en ce moment j’ai envie de trouver plein de réponses ». Je cultive l’intime conviction que le chemin sinueux pour arriver au succès est en réalité le cœur même de notre réussite, à une seule condition : Etre positif !

Pour l’anecdote, quand j’étudiais, j’ai toujours été très étonnée du niveau de maîtrise de la langue Française de nos correspondants Anglais ou Allemand. Pour ma part, j’avais honte (de mon niveau), peur (d’aligner trois mots). En m’expatriant, je comprenais que je ne plaçais pas le curseur de la honte au bon endroit et qu’aux yeux de nos amis internationaux, cela était bien plus honteux de ne pas « oser se lancer » et qu’en réalité c’est en se trompant que l’on apprend (et c’est en apprenant que l’on ose !). Depuis, je crois que nous devons apprendre a réellement s’affranchir du regard des autres et se lancer, en arrêtant de n’entrevoir que des obstacles, mais des opportunités.

N’est-il pas plus doux de percevoir la vie comme une chance de pouvoir tenter ? Ne rien faire, cultiver un état d’esprit négatif n’a jamais fait bougé les lignes. Mon propos n’est pas d’être naïf, ou de ne pas tenir compte des éléments extérieurs en toute irrationalité, mais d’adopter une posture gagnante, motivée, pétillante, engageante, dans laquelle les gens qui croiseront votre route auront envie d’en suivre le sillon. Cela commence par :

  • Arrêtez de dire que les lundis sont des lundis
  • Arrêtez de subir, mais être acteur de ses propres entreprises quotidiennes
  • Arrêtez les « si j’avais su » et les « je te l’avais bien dit » et les transformez en « j’ai fait, j’ai compris, j’ai appris »
  • Arrêtez de manger un énorme pain au chocolat en culpabilisant toute la matinée ! Mangez le ! Dégustez-le ! Et demain on reprend le régime !
  • Arrêtez de se comparer, faire ce qui existe déjà, cela n’a pas vraiment de sens !
  • Râlez, mais positivez !
  • Identifiez des problèmes, mais surtout brainstormer des solutions !

Pour conclure, je crois qu’il est nécessaire d’aborder la notion d’égo tout en arrêtant d’être dépendants de nos alter égos.

Pour entreprendre, il faut de l’égo, mais pour réussir, il faut savoir le mettre de côté pour laisser de la place à la confiance en soi.

Avoir confiance, c’est prendre conscience que l’on évolue. Cultiver sa valeur se fait au gré de notre expérience mais pas à travers ce que l’on semble percevoir à travers les yeux du monde.

Pour se garantir de beaux succès, échouons positivement, en toute humilité, pour rebondir en beauté !

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